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Espionnage

Correspondance de John le Carré : «Tu es encore bien jeune pour choisir d’être malhonnête»

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Réunies par son fils, les lettres de l’espion devenu écrivain lèvent le voile sur une personnalité tantôt attentive ou susceptible, profondément blessée par son histoire familiale.

John le Carré chez lui à Londres, en 1979. (Stuart Franklin/Magnum Photos)
Publié le 28/11/2025 à 15h34

Quand vous êtes un romancier mondialement célèbre, surtout anglo-saxon, tout le monde vous écrit. En 1994, on offre en cadeau à Mark Wilcocks, 11 ans, la Taupe, l’un des grands romans d’espionnage métaphysiques de John le Carré. Mark doit être un enfant précoce. Rappelons au passage que dans le pseudonyme que s’est fabriqué David Cornwell quand il est devenu écrivain, le «l» de le Carré s’écrit en minuscule, il y tient. Certes, «il contrevient à toutes les normes orthographiques du français», mais, «pour des raisons freudiennes, ce “l” minuscule est devenu pour moi une obsession. Faites-moi le plaisir de vous y conformer et soyez gentils de demander à vos interlocuteurs d’en faire autant.» (Instructions à l’éditeur Penguin, octobre 2009.) Le «l» signifie la discrétion, mais aussi le mystère, donc la séduction. John est carré avec ses éditeurs, minutieux dans ses corrections, enthousiaste dans ses amitiés et ses admirations, ombrageux dans ses conflits (avec Rushdie qui a déglingué l’un de ses romans et qu’il attaque après la fatwa, avec la presse soviétique qui n’aime pas ses livres, avec les laboratoires pharmaceutiques dont il dénonce les sinistres expériences en Afrique, etc.). Ses lettres font vivre son talent, son caractère. Tim,

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