Printemps 2002. Al Alvarez suit sa routine matinale, qui consiste à nager dans les eaux froides, voire glaciales des étangs de Hampstead Heath, un écrin de verdure à quelques kilomètres de la capitale britannique. Habitué à venir s’y baigner depuis ses 11 ans, l’écrivain anglais n’a pas d’autre choix, à 70 ans, d’accepter le ralentissement naturel de l’existence. S’il ne peut plus grimper, c’est décidé, il nagera. De ce constat découle un livre : Nager sa vie, journal d’un nageur publié en 2013 et qui vient d’être traduit. Depuis toujours, Al Alvarez est un baroudeur, un homme du dehors. Après toute une vie passée à vagabonder, escalader, voyager, bourlinguer, trépigner, son corps de «vieillard boiteux» qu’il abhorre ne lui laisse désormais plus une seconde de répit. Alors que le poids des années devrait le pousser à rester chez lui, le vieil homme ne peut résister à l’appel de «la morsure de l’eau froide», tour à tour «douce et vivifiante». Né en 1929 à Londres, Al Alvarez (à la fois poète, romancier, journaliste et critique littéraire) a toujours été en mouvement, portant en horreur l’immobilité et le déclin de sa force physique, lui qui a eu trois grandes passions dans sa jeunesse : l’escalade, les voyages et le
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Dans son «Journal», la nage mûre d’Al Alvarez
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L’art de vieillir de l’écrivain anglais dans «Nager sa vie», une chronique qui s’étale sur presque dix ans, de 2002 à 2011.
Al Alvarez, author of " The Savage God". January 03, 1972. (Photo by Gregory Noakes/Fairfax Media via Getty Images) (Fairfax Media Archives/Fairfax Media. Getty Images)
Publié le 19/12/2025 à 20h51
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