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Récit

Dans «Works», le labeur du vide de Vitaliano Trevisan

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Traduction du dernier récit publié du vivant de l’écrivain, dramaturge et acteur italien. Dans «Works», il revient sur les dizaines de jobs qu’il a exercés pour gagner sa vie, décrivant l’univers du travail comme une somme de gabegies et d’incompétences.

Vitaliano Trevisan en 2006. (Sophie Bassouls/Bridgeman Images)
Publié aujourd'hui à 16h49

Dans son ultime pièce de théâtre, Vitaliano Trevisan (1960-2022) met en scène la commanditaire d’un tombeau. Pas n’importe lequel : le célèbre Mémorial Brion, près de Trévise, en Italie, un complexe funéraire de 2000 mètres carrés, chef-d’œuvre moderniste de l’architecte Carlo Scarpa. Denis Villeneuve en a fait le décor de Dune 2. Construit entre 1968 et 1978, ce sanctuaire de béton en forme de L, aussi brut qu’ornementé, a une particularité : Scarpa mourut durant sa construction et il y est enterré, avec les membres de la famille Brion. «Tout devenait pour lui un détail /à approfondir /à discuter. /Du reste /un ensemble /est toujours un ensemble de détails /de fragments /n’est-ce pas» fait dire Trevisan à la veuve Brion. «Mais un grand sens de la mélodie» conclut-elle à propos de l’architecte.

La pièce, non traduite en français – comme tout le théâtre de Trevisan et plus de la moitié de sa prose –, s’intitule Il delirio del particolare. Ein Kammerspiel («La folie du détail», 2020). On aurait envie d’en appliquer la leçon à Works (2016), dernier récit publié du vivant de l’auteur, lequel s’est suicidé alors qu’il était en train de rédiger <

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