«Le meilleur ciment, le ciment le plus pur, selon Ansgar, restait le ciment allemand de papa. Oui, le ciment de papa était d’une telle qualité et d’une telle pureté qu’on en aurait mangé – ne me demandez pas où il voulait en venir. Parfois, il se laisse emporter par sa passion pour le ciment qu’il partage avec papa.» Comme dans la Fabrique des salauds, le cinéaste et romancier allemand Chris Kraus oppose deux frères. Celui qui fait office de narrateur s’appelle Jesko, et c’est un presque condamné – il a une leucémie, et il est bien difficile de trouver dans la famille la bonne moelle qui permettrait de le sauver. Il est vaguement styliste, écrit en tout cas pour des journaux de mode. Quand il débarque dans l’immense villa bunker de son père, il est en jupe. Il y a une surprise party et les vigiles comme les invités affichent leur réprobation. Ansgar, lui, est un dauphin modèle. Il aime donc le ciment, comment l’indique la citation ci-dessus et une aura de futur mariage plane au-dessus de lui.
Roman
«Danser sur des débris» de Chris Kraus, famille je vous tais
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Retrouvailles et ombre nazie chez un roi du ciment, premier roman et troisième traduit de l’écrivain et cinéaste allemand.
Chris Kraus. ( Maurice Haas/Diogenes Verlag AG Zurich)
Publié le 30/06/2023 à 11h25
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