La bête à abattre est le narrateur d’Abattre la bête, dernier volet de la trilogie de David Goudreault commencée avec la Bête à sa mère et poursuivie avec la Bête et sa cage. L’auteur est né en 1980, il est travailleur social («Ils pouvaient se décarcasser la bonne volonté tant qu’ils pouvaient», le narrateur ne croit pas au désintéressement de la profession) et, informe l’éditeur, «premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie» (en 2011). Le narrateur est violeur et assassin : «Le meurtre, ça se justifie, mais les viols aggravés suscitent peu d’acceptabilité sociale.» Il a connu le pénitencier, et l’asile (dont il s’évade dans ce volume) paraît pire : «on nous y injectait les barreaux par intraveineuse». Plus cultivé que ses victimes, il fait preuve d’inventivité verbale et d’une logique propre. «J’assassine qui je veux, moi y compris, sans avoir de comptes à rendre. Je suis un homme libre.» Ce volume est dédié «à la folie, pas du tout» comme le précédent l’était «à Perpétuité». Le narrateur recherche sa mère et ça ne semble pas réciproque. Il n’a que des insultes envers les juifs, les Arabes, les femmes, les Asiatiques, les homosexuels et jusqu’aux Suisses avec leurs couteaux dont on ne sait pas se dépêtrer en cas d’urgence, mais trouverait un peu fort qu’on lui en tienne rigueur. «De toute façon, je ne suis pas sexiste ni raciste, moi, je méprise tout le monde égal.» Le voici s’exprim
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David Goudreault, la bête dévisse
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David Goudreault (Julien Faugère)
Publié le 30/04/2021 à 8h29
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