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Entretien

David Vann : «Je ne fais pas qu’écrire la tragédie, je la vis !»

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Dans son douzième roman, «la Jeune Fille et la mer», l’auteur américain lie pour le pire une jeune Philippine et un quinquagénaire américain qui lui ressemble. Rencontre à Paris.

David Vann à Paris le 14 novembre dernier. (Irina Shkoda/Libération)
Publié le 12/12/2025 à 16h41

Le lire laisse envisager un saturnien, consumé par sa propre histoire et le chaos créé par l’humain. On a pourtant vu un jour David Vann danser à corps perdu, radieux, sur la piste d’un festival de roman noir. Cette énergie, solaire à désarçonner, on l’a retrouvée mi-novembre à Paris, alors qu’il achevait la promotion de la Jeune fille et la mer.

Bob est quinquagénaire, il a de grands yeux bleus, les cheveux clairs, il possède un bateau, débarque aux Philippines… C’est vous.

Il est un peu différent, mais oui, il est inspiré de moi. Pendant cinq ans, j’ai été en couple avec une Philippine ; elle n’était pas aussi jeune qu’Aica, 30 ans, mais la dynamique était la même. Elle m’a quitté neuf fois pendant cette période. Toujours parce que je ne voulais pas lui donner d’enfant. Après notre dernière rupture, elle a trouvé un homme sur Internet en trois jours, l’a rencontré moins d’un mois plus tard, et elle est très rapidement tombée enceinte. Ils ont maintenant un enfant, elle vit en Suède, ce qui était son rêve, et sa famille est très heureuse, parce qu’elle bénéficie d’un soutien financier en provenance de la Suède. Tout cela est logi

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