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«Décharge» de Séverine lu par Léna Despujols, étudiante en lettres

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Une lectrice ou un lecteur chronique un coup de cœur, cette semaine un texte où la poésie devient lieu de survie et de renaissance.

Séverine à la Maison de la poésie en mars 2023. (Thomas Bader)
Par
Léna Despujols, étudiante en lettres
Publié le 24/01/2026 à 4h49

Il y a un peu plus d’un an, un samedi de fin novembre, la fatigue et le froid me donnaient toutes les raisons de rester chez moi. C’est finalement le contexte de la semaine de lutte contre les violences faites aux femmes qui m’a poussée à sortir, pour assister à une lecture-performance de la poétesse Séverine à la médiathèque du Kremlin-Bicêtre.

J’y ai découvert une langue immédiatement saisissante : vivante, douce et parfois piquante, attentive au rythme et à la résonance des mots, traversée d’une grande sensibilité envers les figures féminines. J’en suis ressortie bouleversée.

Alors, naturellement, j’ai eu envie de la lire à nouveau. Son dernier ouvrage, signé de son seul prénom, m’avait été présenté comme un texte très personnel, affrontant l’indicible : l’inceste. Décharge m’a, une fois encore, profondément marquée.

C’est un texte d’une intensité rare, où la poésie devient à la fois lieu de survie et de renaissance. Séverine y affronte le climat incestuel, les violences familiales et les traumas enfouis, là où la parole ordinaire échoue. Chaque mot tente de reprendre possession de ce qui a été confisqué, dans une plongée au cœur de la mémoire du corps.

L’écriture est urgen

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