Menu
Libération
Récit

Dégradations, injures, intimidations… ciblés à cause de la guerre à Gaza, les professionnels du livre organisent la «riposte antifasciste»

Réservé aux abonnés

A Rennes, Paris ou Marseille, plusieurs librairies ont été vandalisées ces derniers mois pour avoir évoqué le sort des Palestiniens. Face à ces pressions, les syndicats appellent à un rassemblement place de la République à Paris, jeudi soir.

Petite Egypte, dans le IIe arrondissement parisien, a été pris pour cible après avoir invité Francesca Albanese, la corapporteure de l’ONU sur les droits humains. (Martin Argyroglo/Divergence)
Publié le 26/11/2025 à 17h48

«Albanese, la putain du Hamas.» L’inscription maculait la vitrine de Petite Egypte, le 15 novembre. La librairie parisienne recevait ce jour-là Francesca Albanese, corapporteure de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Elle était invitée pour échanger autour de son livre, Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine.

Pour Alexis Argyroglo, le fondateur de Petite Egypte contacté par Libé, le phénomène «traduit encore une fois le climat délétère actuel autour de la parution de certains titres qui, manifestement, posent problème». D’après le libraire indépendant, plusieurs enseignes travaillent actuellement à la rédaction d’un communiqué afin d’organiser une mobilisation collective. Un rassemblement à l’appel de plusieurs syndicats, associations, collectifs des métiers du livre, est ainsi organisé jeudi 27 novembre place de la République à Paris à partir de 20 heures, au motif d’une «riposte antifasciste».

«Fuck Hamas»

Outre Petite Egypte, plusieurs autres librairies de la région parisienne ont été ciblées ces derniers mois. Il y a d’abord la librairie généraliste les Jours heureux à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dont la vitrine a été dégradée en juin par un tag «Hamas violeur», après que sa serrure et son rideau ont été collés à la glu. Début juin, le photographe, Martin Barzilai était invité pour présenter un livre sur le sort d’Israéliens qui ont refusé de rejoindre les rangs de Tsahal. Une

Dans la même rubrique