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Interview

Delphine Gardey : «Il est essentiel de savoir que ces élus issus des colonies ont existé»

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L’historienne et sociologue étudie la place des parlementaires colonisés dans l’histoire des XIXe et XXe siècle français.

Jean-Baptiste Belley par Girodet, en 1797. (Gérard Blot/Rmn-Grand Palais. AFP)
Publié le 01/01/2026 à 15h49

Delphine Gardey, historienne et sociologue, spécialisée dans les études de genre, est professeure à l’université de Genève. Après des travaux sur l’invisibilisation des femmes en politique, elle continue à interroger l’universalisme républicain en s’intéressant à l’histoire des parlementaires colonisés de France, de la Révolution à la départementalisation, de Jean-Baptiste Belley à Aimé Césaire, de Saint-Domingue à Fort-de-France, en passant par Saint-Louis du Sénégal. Ouvrage dense et largement illustré, le Corps noir de la République suit la chronologie et les soubresauts de la représentation des territoires coloniaux, entre émancipation et exploitation. Entretien.

Qu’est-ce qui vous amenée à travailler sur les parlementaires colonisés ?

Dans ma toute jeunesse, j’ai été assistante parlementaire. Et j’ai travaillé sur les archives administratives de l’Assemblée pour publier le Linge du Palais-Bourbon en 2015. Non seulement les femmes n’avaient pas le droit de vote, mais tout était fait pour les écarter de l’assemblée. Il n’y avait pas de travailleuses en dehors des lingères jusqu’au début du XXe siècle. Et il y a 150 ans d’écart entre l’accès des femmes à la citoyenneté et à l’éligibilité et l’élection du député de Saint-Domingue Jean-Baptiste Belley, le 24 septembre 1793. Ces républicains ont été capables – une minorité – de faire basculer d’emblée les esclaves dans la citoyenneté totale et la possibilité de se représenter, alors qu’ils ne le reco

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