Face à face, d’un côté et de l’autre d’une piscine luxueuse, des hommes mutilés par des obus et des femmes triturées par la chirurgie esthétique. Des hommes diminués, des femmes augmentées, deux clientèles, deux ambiances. On est dans un palace au bord de la Méditerranée, à Gammarth, au nord de Tunis, dans l’après Ben Ali. L’hôtel a été réquisitionné pour soigner des rescapés de la guerre en Libye, tandis que dans une autre aile, des femmes y récupèrent d’opérations des seins ou du nez. Une vraie cour des miracles. Quand un ami lui a relaté en deux phrases avoir assisté à cette fracassante cohabitation, Arno Bertina a eu un flash, et cette avidité de l’écrivain à qui on vient de lâcher l’image d’une situation qui mêle «du tragique et du grotesque, ce que je recherche toujours dans la fiction», dit-il. La fascinante anecdote devait faire roman. Celui-ci a cheminé cinq ans, délaissé parfois pour deux autres livres, documentaires ceux-là, l’Age de la première passe (2020), sur des prostituées congolaises dans le cadre d’ateliers d’écriture, et
Roman
«Des obus, des fesses et des prothèses» d’Arno Bertina : Freaks palace
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Autour d’une piscine en Tunisie, une tragicomédie de corps défaits par la guerre en Libye et refaits par la chirurgie esthétique.
Arno Bertina, à Montrouge, le 21 août. (Remy Artiges/Libération)
Publié le 22/08/2025 à 13h34
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