Quelles sont ces femmes «qui rêveront dans le jardin» ? Le titre est celui de la dernière des douze nouvelles, écrites entre 2009 et 2020, par la Mexicaine Gabriela Damián Miravete. Une gardienne âgée y veille sur un magnifique jardin en surplomb de la mer. Chaque matin à 9 heures, des silhouettes brillant d’éclats nacrés le peuplent et parlent aux visiteurs, et chaque soir, elles semblent s’allonger pour la nuit. Ce sont les hologrammes de femmes assassinées par des prédateurs sexuels au Mexique. Marisela, la gardienne de 94 ans, a perdu quand elle était jeune des amies atrocement violées et mutilées. Elle a ensuite rejoint Las Argüenderas, un groupe dans lequel ses membres s’entraînaient à la fois pour se défendre et pour tirer d’affaire des femmes maltraitées par un patron, un mari, ou des harceleurs. Puis Marisela a réalisé ce mémorial holographique de victimes de féminicides avec les souvenirs, les photos, les écrits des victimes, donnés par leurs proches. De là à en faire un endroit pour les sorties scolaires, l’accompagnateur des enfants, lui-même marqué à 10 ans par cette visite, s’interroge.
Anachronismes et livre introuvable
Tous les textes de Elles rêveront dans le jardin, couronné par le prix James Tiptree et le prix Shirley Jackson, ont en commun de frayer avec le fantastique. «L’art de la mémoire» est celui qui relève le plus de la science-fiction. Le lancement d’une fusée d’une puissance jamais vue auparavant et destinée à rejoindre dans l’univers ceux qui se font appeler «frères»,




