«Quand on vit, il n’arrive rien. Les décors changent, les gens entrent et sortent, voilà tout… Mais quand on raconte la vie, tout change.» Cette réflexion du narrateur de la Nausée de Sartre aurait pu figurer en exergue du nouveau roman d’Emma Becker. Trois ans après la Maison, récit remarqué de son expérience dans une maison close berlinoise, l’écrivaine de 33 ans pimente de nouveau la rentrée littéraire avec l’Inconduite. Entretemps la jeune femme est devenue mère, s’est lassée du père de son enfant et, pour tromper l’ennui, enquille les amants. Bovary ? Oui et non. Comme son homonyme de papier, Emma B. fantasme, beaucoup, et chaque passage à l’acte se solde par une déception plus amère. On peut dire même que la narratrice passe son temps à se prendre le mur du réel. De quoi sérieusement «débander», un mot que celle qui aimerait «jouir comme un homme» affectionne particulièrement.
Autofiction
Emma Becker, héraut d’«Inconduite»
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Le nouveau roman de l’autrice a des airs de «Madame Bovary», entre des scènes réussies et d’autres fastidieuses.
Emma Becker. (Pascal Ito)
ParEve Szeftel
Publié le 18/09/2022 à 14h39
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