Roman
Antoine Laurain, la Dictée
Flammarion, 151 pp., 20 € (ebook : 14,99 €).
En 1857, Prosper Mérimée dicte au gratin du Second Empire la fameuse dictée que lui a commandée l’impératrice Eugénie. En 1953, un jeune homme fête, lors d’un pique-nique avec ses amis, leur succès commun à l’agrégation en leur dictant le texte de Mérimée. En 2024, le jeune homme devenu âgé déclame le texte devant la clientèle éblouie d’une pharmacie. Lorsque Benjamin, le fils de la pharmacienne échoue à sa dictée de primaire, ses parents désireux de lui montrer l’exemple s’y essaient à leur tour et ne se sortent pas indemnes de l’exercice. Ce jeu linguistique s’étend bientôt à un groupe d’amis, également lors d’un pique-nique, où chacun tente de relever le défi du célèbre guêpier lexico-grammatical. Dans ce roman charmant, la littérature trace un fil rouge par-delà les siècles en s’illustrant plus que jamais comme instrument de transmission. N.A.
Récits
Samuel Brussell, Feuilleton en noir et blanc
La Baconnière, 160 pp., 19 €.
Editeur voyageur, écrivain lecteur, Samuel Brussell évoque, à propos du Turinois Ceronetti, «la modestie aimable et particulière de celui qui donne ses impressions plus que ses opinions». C’est ce qu’on ressent en découvrant cette brassée d’observations, de citations, d’histoires, d’accents. L’érudition est toujours tempérée par la fantaisie. L’auteur pose sa valise en Suisse, le pays de Robert Walser, déguste un bon vin à la santé de l’Américaine M. F. K. Fisher, salue les Triestins Bobi Bazlen, Anita Pittoni, Umberto Saba. Né à Haïfa, doté d’un passeport français, le voici avec tante et cousins en Israël. «J’ai c