Roman
Gabriel Cholette, le Straight Park
Le Gospel, 120 pp., 20 €.
Le narrateur veut «écrire sur le skate», ou plutôt sur les skateurs. Lors d’un été caniculaire à Montréal, il part à la chasse et traîne au parc, embedded et en sueur. Ambiance Larry Clark ou Dennis Cooper, il mate «les plus chauds, ceux qui sont rouges d’efforts» et s’arrête sur le plus beau, «cheveux jaunes chemise jaune tombant sur des pantalons jaunes boxers jaunes poils jaunes». Quand ce n’est pas avec ses couleurs, il les dessine en lignes : «Les skaters ne sont que des skaters, que des diagonales chambranles ( /) qui tombent (_ ) et qui se relèvent (| ), mais parfois les barres obliques se déplacent, quand les traits s’accumulent et se superposent.» Ainsi les souvenirs remontent, et notamment les gouffres d’une ancienne relation. Le texte slalome dans sa langue, vivante, directe, un peu en surrégime à l’image d’un quotidien entre rencontres, sport (option piscine) et fêtes. Au cœur du livre, il y a une nuit – on s’y croirait. Après le trip, la deuxième moitié avance vers un éveil et l’affirmation d’un «je» tout personnel. Par l’auteur québécois des Carnets de l’underground (2023). T.St.
Récits
Michka Assayas, Une mère en fuite
Grasset, 186 pp., 18 € (ebook : 12,99 €).
Mélancolique sans apitoiement sur soi, déterminé, de livre en livre, à élucider sans fard ce qui le constitue en propre et en même temps fait de lui un enfant du siècle, Michka Assayas revient ici sur la figure, déjà évoquée, de sa mère. «Modéliste», elle «dessine la collection de prêt-à-porter», explique-t-elle à son fils.




