Romans
Guillaume Marie, la Tectonique des Halles
Corti, 72 pp., 15 €.
Un soir, en rentrant du travail, le narrateur s’égare à vélo. L’étrangeté vient du fait que le trajet lui est d’ordinaire familier. Or, soudain, voilà qu’il ne comprend plus «l’enchaînement des rues, quelles avenues reliaient quel carrefour à quel débouché». Se perdre, oui mais comment, pourquoi ? «Emprunter des chemins nouveaux procure un plaisir, celui des pas sur la neige encore vierge. Joie des premières fois. Mais à partir de quel degré d’aventure cesse la jubilation de défricher des sentiers inédits, pour se muer en peur ?» Avec le «ventre de Paris» pour centre, le livre progresse de retours en bifurcations et relie les écrivains aimés (Lautréamont, Italo Calvino, Jacques Jouet, Anne Carson…) aussi sûrement que les quartiers et les rêves. Ultimement, il s’agit d’aller voir ailleurs et de réussir à trouver son chez-soi. Né en 1979, Guillaume Marie (pseudonyme d’un journaliste de Libération) signe son deuxième livre aux éditions Corti, après Je vais entrer dans un pays en 2024. T.St.
Léa Arthemise, Une île à l’envers
Héliotrope, 160 pp., 18 €.
En deux parties, la genèse et l’exode, et sur plusieurs périodes, Léa Arthemise écrit une «histoire en forme d’aventure», celle d’une famille sur trois générations sur fond de chasse au trésor, dans laquelle faits historiques s’entrelacent à ce qui revêt l’apparence d’un conte. Ce très foisonnant récit est porté par une langue qui dit la distance politique, sentimentale et anthropologique d’une métropole à un territoire d’outre-mer. Chatoyante dans




