Romans
Samir Toumi, Amin, une fiction algérienne
Barzakh /Elyzad, 247 pp., 20 €.
L’intrigue de ce roman est simple mais efficace : Djamel, un écrivain à succès qui peine à trouver l’inspiration, est abordé un soir à Alger par un homme mystérieux, Amin, qui propose de lui dévoiler les coulisses du «système» qui soutient le pouvoir algérien à condition qu’il en fasse un roman dénonciateur. On est en 2010, une ambiance de fin de règne flotte en Algérie où le pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika semble flottant, entraînant une sorte de course-poursuite des affidés, courtisans et opposants. Djamel n’hésite pas longtemps car il a besoin d’un nouveau défi et celui-ci l’excite sacrément. Amin va alors lui proposer de rencontrer deux hommes diamétralement opposés, le riche et puissant Abdelkader et le vieux et retiré des affaires El Hadj, aussi fascinants l’un que l’autre. «Nous pataugeons tous dans nos incohérences, nos lâchetés, nos renoncements, nos bravoures ou nos victoires. Abdelkader, El Hadj, toi, moi, tout le monde. Tu es bien placé pour le savoir, toi l’écrivain !», dit Amin à Djamel lorsque ce dernier s’interroge sur ces rencontres. «La littérature nous les a amplement décrits, cette lâcheté du brave, ce courage du poltron ou ce vice de la sainte femme. El Hadj n’est pas tout à fait un Don Quichotte, ni Abdelkader une pure ordure, ou toi un complet naïf, nous sommes paradoxaux, tordus, à la fois détestables et admirables. C’est bien ce qui fait toute la complexité de ce fameux “système”, formé par des êtres humains aux motivations souvent peu clair




