En toute transparence, on avait un peu vite, et très tendrement, rangé les albums d’Enki Bilal et ses cyborgs nues au musée des années 90, à l’abri entre le fauteuil en polycarbonate de Philippe Starck et une VHS de Nikita. Erreur car, comme le pin’s sur nos vestes, Bilal est bien là en 2022 et en pleine forme dans le classement des ventes en France. Mieux, fort de motifs récurrents en sévère résonance avec l’époque (au premier rang desquels le transhumanisme) et de certaines «prédictions» vérifiées (les attentats du 11-Septembre dans le Sommeil du monstre, le dérèglement climatique dans Animal’z…), le voilà exposé en majesté au musée de l’Homme (jusqu’au 13 juin) et interviewé en visionnaire dans la presse. «D’où vient cet instinct pour la prospective ?» lui demandait ainsi récemment le Monde en prenant appui sur la ressemblance entre Vladimir Poutine et le personnage de la tsarine russe dans son dernier album – la dénommée Yulia Smolsk siège au bout d’une table longue de sept mètres, «distance de sécurité oblige». Face à elle, non pas un président, mais notre héros, Kameron Obb, dont la présence alien se manifeste par une tache bleue sur le visage (laquelle lui permet aussi de communiquer avec le docteur Julia et sa fille Gemma). Qui suit ?
Pourquoi ça marche
Enki Bilal, toujours la période bleue
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Troisième livre de «Bug» dans un monde «en panne et en peine».
Extrait de «Bug». En 2041, la Terre est confrontée à un gros bug ayant entraîné la disparition soudaine d’Internet. (Casterman)
Publié le 09/04/2022 à 9h21
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