«Ne regrette pas ta vie, ne la déteste pas, ne la laisse pas s’encombrer de pessimisme, on ne peut pas tomber tout le temps, tu as le droit de te relever, tu as le droit de courir.» Ce poème de l’écrivain kazakh Mukaghali Makatayev est le totem de l’histoire d’Erkin Azat. Ingénieur d’ethnie kazakhe, il est né à Urumqi, la capitale du Xinjiang (ou Turkestan oriental), immense région de l’ouest de la Chine peuplée d’environ 12 millions d’habitants de culture musulmane, dont 11 millions de Ouïghours et 1 million de Kazakhs. En 2009, il travaille au Kazakhstan, pays indépendant voisin, lorsqu’en rentrant au Xinjiang voir ses parents, il est arrêté et interrogé durant plusieurs jours par la police chinoise. Son crime : avoir consulté une page Wikipédia sur l’histoire du Turkestan oriental. Une expérience violente, qui marque les débuts de la folie répressive du gouvernement chinois, qui atteindra son paroxysme à partir de 2017, avec la disparition d’au moins un million de citoyens innocents dans des centaines de camps sous le prétexte de «formation professionnelle».
Un nouveau regard sur ces années noire
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