Le début du roman ressemble à une procession. Est-ce un enterrement ? Pas encore, mais la mort est pour bientôt, car ce premier roman est bref. En attendant, avec une délicatesse qui ne le quitte pas, Etienne Kern fait entrer dans son livre quelques personnages, l’un après l’autre. Il les présente et les dispose autour de son héros, Franz Reichelt, tailleur pour dames et bientôt inventeur d’un soi-disant parachute pour aviateur. Le 4 février 1912, alors que l’époque est aux «joujoux qu’on envoyait dans le ciel», cet homme que l’auteur imagine timide, bon, mélancolique, saute de la plateforme du premier étage de la tour Eiffel, à plus de 300 mètres du sol. La préfecture lui en a donné l’autorisation. Il a 33 ans et pense avoir mis au point une cape formidable, qu’il essaie. Elle permettra aux aviateurs de ne pas mourir si leur «aéroplane» s’écrase. Les accidents sont fréquents, l’aviation en est à ses débuts. La presse compte les victimes (huit en 1910) et les surnomme «les Martyrs de l’aviation». Franz Reichelt est certain d’avoir trouvé de quoi arrêter l’hécatombe. De tailleur pour dame, ce fils de cordonnier se croit devenu sauveur. «Debout sur une chaise» et la chaise posée sur une table, Reichelt s’élance et s’écrase. Il existe un film de cet envol mortel, il se trouve facilement. «On aimerait croire à un gag», parce que l’allure du héros sur les images est ridicule. C’est presque «Charlie Chaplin en danseur sur une chaise», sauf
Etienne Kern, les ailes du désir
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Portrait du pionnier de l’aérien Franz Reichelt, avec drames.
Franz Reichelt, portant son «costume-parachute», probablement en 1910. (Meurisse/Ullstein Bild.Getty Images)
Publié le 11/09/2021 à 15h14
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