Un homme, seul dans sa cellule, loin de la révolution qu’il a instiguée, trouve une dérivation à son impuissance et à sa frustration. Il ne peut même pas sortir la tête à sa lucarne pour regarder vers la mer, sous peine d’être tué sur-le-champ. Deux fois par jour, il a le droit de se dégourdir les jambes à l’extérieur, sur le toit du fort et, pendant trois quarts d’heure, il peut alors contempler le ciel, isolé au milieu des embruns. C’est son seul espace de liberté, une forme d’échappatoire, un motif pour continuer à lutter. Dans l’océan stellaire au-dessus, une myriade de lumières vont stimuler ses pensées. Cet homme, c’est le révolutionnaire Auguste Blanqui, arrêté le 17 mars 1871, à la veille de la Commune, pour sa participation aux émeutes parisiennes du 30 octobre 1870. Interpellé dans le Lot, emprisonné à Cahors, il est transféré au château du Taureau dans la baie de Morlaix en Bretagne, une forteresse pénitentiaire dont il sera le dernier prisonnier politique. En l’espace d’une vie de soixante-quinze ans, Blanqui aura passé quarante-trois ans et huit mois en prison, d’où son surnom de «L’Enfermé».
Loin de l’insurrection qui embrase Paris et qui va être réprimée sans merci par Thiers, à 66 ans, Blanqui rédige un ouvrage de réflexion cosmique sur l’univers et la condition humaine. «Je me réfugie dans les astres où l’on peut se promener sans contrainte», écrit-il dans une lettre à sa sœur. Le penseur politique ne part pas de zéro, il a une connaissance du savoir a




