Conseil de riche : si l’on veut donner le change et se faire accepter par le gratin, il faut pratiquer le reverse snobbery. Soit porter par exemple des bottines en daim boueuses et usagées ou des chemises sur mesure à cols élimés et troués. Le romancier suisse Christian Kracht sait de quoi il parle. Fils d’un proche du magnat de la presse Axel Springer, il a connu les internats chics, les vacances à Gstaad, la vie de château. Dans son premier roman, Faserland, il réglait des comptes avec son histoire familiale, plus précisément sa lignée paternelle allemande. Entre bitures, prises de drogues et soirées avec mannequins, il avait fait sensation en 1995 (le livre est sorti en France en 2019) avec ce récit de voyage en état semi-comateux, état qui ne l’empêchait pas d’épingler en permanence les survivances nazies. Chez lui, peu de présomption d’innocence à l’égard des retraités de la fin des années 90. Le livre se terminait à Zurich, dans une barque, au milieu du lac. Et on avait l’impression que le narrateur était au bord du Styx.
Roman
«Eurotrash», Christian Kracht cash
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Un fils embarque sa mère âgée dans un road movie suisse avec déambulateur et magot.
Christan Kracht. (Noa Ben Shalom)
Publié le 19/01/2024 à 11h07
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