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Critique

«Filles en conflit» de Inès Anrich : la religion pour option

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L’historienne retrace l’entrée dans l’Eglise de jeunes filles au XIXe siècle et la pression inverse de leur famille. Un ouvrage riche en documents récoltés entre la France, l’Espagne et les fonds vaticanesques.

Gravure du peintre et illustrateur italien Achille Beltrame, en 1901. (Look and Learn)
Publié le 04/09/2025 à 6h59

Des filles en révolte contre leur famille, dès lors cloîtrées dans un couvent, d’autres maltraitées derrière les hauts murs d’institutions religieuses pour avoir aimé sans souci de la morale, ou des carmélites réduites au silence, contre leur gré… Influencés par la Religieuse de Diderot publié en 1796, feuilletons et romans ont au siècle suivant tant héroïsé et vulgarisé ces «coupables» d’avoir offensé les normes sociales et genrées qu’ils ont imposé dans l’imaginaire collectif uniquement cette figure victimaire féminine. Encore prégnante aujourd’hui, elle cessera de l’être après la lecture de cette magistrale étude, issue d’une thèse de grande qualité – richesse de la documentation récoltée entre la France, l’Espagne et les fonds vaticanesques, croisement des grilles de lecture, attention aux parcours individuels qui donnent chair au récit, sens de la modération.

Le parallèle entre les deux pays surprend : le premier, en voie de laïcisation après l’envolée des vocations religieuses, regarde le second comme la «patrie du cléricalisme» ; pourtant, en 1901, leurs journaux se passionnent pareillement pour l’affaire Ubao, dont Inès Anrich démontre qu’elle n’est

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