Aube du 13 août 1963, le poète grec Georges Séféris se pense sur l’Acropole. Une foule agitée regarde les colonnes centrales de la façade occidentale du Parthénon. Le moi du rêve se fait houspiller : «— Mais d’où tu sors, toi ? Quel drôle d’animal tu fais ! Tu n’es pas au courant ?» Une vente aux enchères est en cours, les Américains gagnent. Un homme commente : «— Ce sont des démons […] ils vont tailler ces colonnes pour leur donner la forme d’un tube de dentifrice.» «J’ai senti que la foule se dispersait autour de moi et me laissait complètement seul. J’ai alors vu le Parthénon tout à fait dépouillé, sans son fronton, sans son entablement, avec ses colonnes retaillées, toutes luisantes, sous la forme de tubes d’une taille disproportionnée. Le cauchemar m’a jeté hors du lit alors que je poussais un cri.» En Grèce, c’est le début du développement massif du tourisme voulu par l’Etat. Georges Séféris, Prix Nobel en cette même année 1963, est très inquiet. Il s’élève contre la «cartepostallisation». Et c’est ainsi que son journal rend compte des transformations du pays, en suivant quotidiennement la vie du poète tout juste retraité.
Début de la guerre civile
Avec le deuxième volume de Journées, les éditions le Bru




