En 1939, Henry Miller est à Athènes, l’écrivain américain rencontre Georges Séfériadès, diplomate, poète et futur Prix Nobel. Dans le Colosse de Maroussi, livre qui retrace cette année en Grèce, il écrit : «L’homme qui a saisi cet esprit d’éternité que l’on trouve partout en Grèce, l’homme qui l’a fixé dans ses poèmes, c’est Georges Séfériadès, dont le pseudonyme littéraire est Séféris […] Séfériadès est le plus asiatique des Grecs que j’ai rencontrés. Il est originaire de Smyrne, mais il a longtemps vécu à l’étranger. Il est langoureux, suave, plein de vitalité, capable d’exploits surprenants de force et d’agilité.» Puis Miller raconte la visite d’un lopin de terre avec le poète, désireux de construire un bungalow. Le lieu lui paraît à première vue plutôt «miteux et abandonné». Mais la magie Séféris se met à l’œuvre : «Je vis l’endroit se métamorphoser sous mes yeux, pendant que Séfériadès m’entraînait, comme une méduse électrisée, de place en place, mêlant dans une même rhapsodie herbes, fleurs, buissons, rocs, argile, pentes, déclivités, criques, goulets et le reste. Tout ce qu’il regardait était grec à un point qui lui était resté inconnu tout le temps qu’il n’avait pas quitté son pays. Il regardait un promontoire, et il y lisait l’histoire des Mèdes, des Perses, des Doriens, des Crétois, des Atlantes. […] Le poète universel commençait à mûrir en
Critique
Georges Séféris, label hellène
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Le journal de 1925 à 1944 du Nobel 1963, poète, diplomate, défenseur du grec moderne démotique et ami de Henry Miller.
Georges Séféris en 1963. (Bridgeman Images)
Publié le 30/12/2021 à 6h10
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