«Illisible» : le mot lui est attaché depuis que Pierre Guyotat, né en 1940 et mort en 2020, a publié en 1975 Prostitution, «en langue», c’est-à-dire dans celle qu’il a créée, qui évolue sans cesse en demeurant peu accessible à la plupart des lecteurs. Cinq ans plus tôt, Eden, Eden, Eden était cependant jugé tellement lisible par le ministère de l’Intérieur que le roman fut interdit aux mineurs malgré les préfaces de Roland Barthes, Michel Leiris et Philippe Sollers. Quant à Histoires de Samora Mâchel (le nom propre provient d’un révolutionnaire mozambicain) qui paraît pour la première fois, sa publication fut annoncée à venir pendant des décennies et ses éditeurs d’aujourd’hui (Guillaume Fau, Gérard Nguyen Van Khan et Briec Philippon) citent dans leur introduction diverses phrases de Pierre Guyotat sur ce travail de 1979-1981 : «Avec Samora, je suis allé aux limites de l’aberration», «J’ai été contraint de dévoyer même cette langue, enfin au maximum, le maximum c’est dans Histoires de Samora Mâchel, c’est-à-dire d’y aller là-deda
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«Histoires de Samora Mâchel» : Pierre Guyotat sous le joug de la langue
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Parution d’un inédit sur lequel a travaillé l’auteur d’«Eden, Eden, Eden» en 1979-1981.
Pierre Guyotat en 2018 à Paris. (Philippe Lopez/AFP)
Publié aujourd'hui à 11h28
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