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Roman

«Hors champ» de Marie-Hélène Lafon, l’art de la fougue

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Son nouveau roman est écrit «au ras des jours». Resserrage de focale sur son écriture manuscrite, tout en boucles.

Marie-Hélène Lafon, le 18 décembre à Paris.  (Jérôme Bonnet/Modds pour Libération)
Publié le 02/01/2026 à 15h45

Tenue et retenue, l’écriture de Marie-Hélène Lafon s’adapte à son sujet. Hors champ, selon sa propre expression, est écrit «au ras des jours», c’est ainsi que vit le personnage principal. Il périclite, comme la ferme. La haine réciproque qui le lie à son père stagne. Le personnage féminin, la sœur écrivaine, a deux vies étanches, la sienne, à Paris, et celle qu’elle a quittée mais rejoint très souvent depuis qu’elle a sa propre maison. Au ressassement du frère, au silence des parents elle oppose ses moments d’exaltation intérieure et sa vitalité industrieuse. «Chercher les mots, les exhumer, les trier, les choisir, et aligner les gestes, balayer, laver, repasser, ranger, elle ne sait pas vivre autrement, elle ne peut pas vivre autrement», lit-on à la fin du livre.

Une autre Marie-Hélène Lafon se manifeste dans «Flaubert for ever», introduction à des «Pages choisies» (Flaubert, Buchet-Chastel, 2018). On la découvre fantaisiste, joyeuse, débridée. Sa longue fréquentation, son amour pour «le bon Gustave» ont bien failli l’empêcher d’écrire, mais, comme elle le dit, «la relation avec lui s’est détendue», avec ce texte elle «ose des choses irrévérencieuses, décalées. Il s’agit de jouer avec les codes du discours universitaire» qui ne sera jamais le sien.

On entrevoit sa fougue lorsqu’elle passe à la télévision dans l’émission d’Augustin Trapenard pour parler littérature. Mais le plus surprenant, avec Marie-Hélène Lafon, c’est

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