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Disparition

Ian Monk est mort : hommage à un poète oulipien et traducteur de Perec

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Daniel Levin Becker, écrivain, membre de l’Oulipo rend hommage au disparu.

Ian Monk, en 2005. (Despatin & Gobeli/Opale)
Par
Daniel Levin Becker, écrivain, membre de l'Oulipo
Publié le 27/09/2025 à 13h33

Les morts font plus chier que par leur absence : c’est ce que dit Ian Monk vers la fin d’un poème, «avant de naître», découpant l’existence en neuf phases, réplique grincheuse des sept étapes de la vie chez Shakespeare. C’est le tube de son livre Plouk Town (Cambourakis, 2007), narration polyphonique d’un quartier de Lille, Fives, où l’auteur vécut pendant un quart de siècle. Pour autant que son titre et cet extrait laissent deviner son registre et son humeur globale, Plouk Town est aussi empreint de toute la rigueur poétique à laquelle on peut s’attendre de la part d’un membre de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), et l’un des textes les plus éloquents et puissants que le groupe a su produire en ce siècle.

Les morts font plus chier que par leur absence constitue aussi, il faut le dire, une épitaphe pour Ian Monk, mort le vendredi 19 septembre chez lui à Bourges à l’âge de 65 ans, qu’on se prépare depuis trop longtemps à écrire. Esprit rebelle et infatigable emmerdeur, «anarchiste anglais de la pire espèce» (dixit l’une de ses ex-belles-mères), il était ces dernières années aux prises avec une santé de plus en plus fragile et un alcoolisme de moins en moins convivial. Pour ses proches et ses confrères littéraires — deux catégories qui se mêlaient facilement — sa disparition vient fatalement conclure un chapitre où l’admiration portée à son talent et à sa camaraderie le disputait à une inquiétude pour son bien-être.

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