Retrouvez sur cette page toute l’actualité du polar et les livres qui ont tapé dans l’œil de «Libé». Et abonnez-vous à la newsletter «Libé Polar» en cliquant ici.
«Ça vient du dehors, tout près mais pas si loin non plus, une explosion, énorme, suivie d’un écho qui n’en finit pas. Le sol tremble […]. Au même moment, tout s’éteint […]. Une troisième explosion lui répond, encore plus proche que les deux précédentes […].» Bruxelles vient de basculer dans le chaos et une famille tente de survivre dans cet enfer.
Cette famille menait une vie tranquille jusque-là. Barbara Abel nous a raconté ses achats au supermarché, les préparatifs de la fête d’anniversaire de la fillette. L’embrasement n’en paraît que plus violent. «Dans la rue, de plus en plus de gens sortent des maisons, ils errent au milieu des ruines […] Silhouettes affolées qui appellent, corps prostrés […]. La réalité a changé de visage […]. Le destin a frappé.»
«Le tableau est glaçant»
Les phrases sont courtes, les dialogues également. Barbara Abel met du rythme dans le récit. Et pose des questions existentielles. Quels choix doit-on faire ? Sauver ce bébé qu’on ne connaît pas ? Protéger d’abord son enfant ? Aider le vieil homme coincé dans son appartement ? Les liens parentaux sont remis en jeu. «Hélène éprouve le vertige de la chute, elle vient d’accepter l’inacceptable, elle va se séparer de sa fille sans savoir comment la récupérer. Elle se déteste de laisser faire ça, se détesterait encore plus de l’en empêcher […].»
Dehors, plus personne ne sait où il habite. «Le trafic sature les portes de la ville. Le centre est aux mains des pillards et des vandales. Partout, c’est la panique.» Et lorsque le chaos règne, les profiteurs de guerre émergent. Ils peuvent frapper à tout moment. Un danger de plus dans ce décor déjà bien noir. «Le tableau est glaçant. Ils sont trois. Des grands, des forts. Ils se tiennent devant l’adolescente […]. Elle les supplie de partir, elle les implore, laissez-moi tranquille. Ses plaintes les font rire. Ils jouent avec elle, prédateurs tout-puissants. […] Ils l’encerclent. Elle, elle est terrorisée. Elle pleure. Elle balbutie.»
A lire aussi
Hélène se voit comme une femme droite, mais c’est quoi une femme droite ? Comment peut-elle être sûre de prendre la bonne décision ? Elle va tout faire pour préserver ses proches. Son mari, Raphaël, a le sens pratique chevillé au corps, il veut sortir sa famille de ce guêpier. Mais, face au danger, de quelle manière réagir ? S’ouvrir aux autres ou se replier sur soi-même ? Une véritable leçon d’humanité dans un monde fragile sur lequel planent les pires menaces.




