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«Insula» de Théo Casciani : trip et deuil

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Dans son second roman, l’auteur de «Rétine» avance une nouvelle façon de dire le monde et soi-même, avec la dérision et la poésie de l’ère digitale.

Théo Casciani. (Jules Moskovtecheno/P.O.L)
Publié le 31/01/2026 à 1h18

Il y a un séisme, dont les répliques secouent tout le texte. Une soirée chemsex avec rooftop sur la Tate de Londres, mais qui pourrait aussi bien être à «Taïwan, New York, Rome, Paris» – tant le narrateur de Rétine (P.O.L, 2019) nous a habitué à son cosmopolitisme de «nepo baby» esthète. Il y a une drogue, nommée INSULA, qui propulse dans un jeu vidéo létal et dont on agonise en pleurant du sperme.

Mais il y a beaucoup plus dans le second roman de Théo Casciani, 31 ans : une nouvelle façon de dire le monde et soi-même, avec la dérision et la poésie de l’ère digitale, rendant compte de nos rapports écraniques et réseautiques à autrui. Ceci sans affectation ni démonstration, en moraliste du XXIe siècle qui ne s’aime pas (le livre s’ouvre sur «Bien» et se clôt sur «mal») : «Pour ma part, j’ai toujours refusé de considérer que les gens qui me séduisent peuvent suffire à me caractériser.» Et de fait, il serait difficile d’assigner Insula («île» en latin) à quelque chose de déjà connu. Le voyage est entièrement neuf, en état d’exception : «Un homme déguisé en biche menace de se faire sauter. Une fusillade démarre. Le mouvement approche et je ne sais pas où aller.»

«God bless emo» pour devise

C’est dans un futur proche où l’extrême-droite est au pouvoir, et le narrateur un provincial déraciné : «Je suis tout ce qu’on leur a appris à abominer, et croyez-le ou non, je comprends très bien qu’on ait envie de me buter.» Dans ce monde renversé, Elon Musk

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