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Roman

J.A. Tyler, un zoo et des bas

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La promenade d’une famille en crise dans le roman de l’auteur américain, «le Zoo, une sortie».

«Le Zoo, une sortie», prose poétique du Coloradien Jason Alan Tyler, est initialement parue en 2015. (Getty Images)
Publié aujourd'hui à 6h36

Une constante remarquable des zoos modernes (et c’est tant mieux) est que les animaux y manquent. On a beau se contorsionner, fouiller du regard les «fausses plantes en plastique» et le relief de carton-pâte, crier «Regarde il est là» puis «Ah non», les bêtes décrites sur le panneau de chaque enclos arrivent à se planquer. La frustration fait partie de l’expérience.

Ce jeu de cache-cache et de désillusion nourrit le Zoo, une sortie, prose poétique du Coloradien Jason Alan Tyler, initialement parue en 2015. Le narrateur est un enfant, Jonah, qui suit son père et sa mère en visite dans un jardin d’acclimatation. Comme il le fait remarquer, malgré son prénom, il n’y a pas de baleine ici, ça ne rentre pas dans l’aquarium. Peut-être Jonah grandit-il au long du parcours, devenant pré-ado déguisé en bébé, on ne sait. Peut-être aussi ne sommes-nous plus par moments au zoo mais à la maison, peu importe. Ou déjà dans le ventre monstrueux du cétacé. Les noms, apparitions, apparences, absences et déjà-vu des animaux forment de courts chapitres à la croisée stylistique du Quand j’avais cinq ans je m’ai tué (1981) de Howard Buten et des glissements postmodernes d’un

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