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Action directe

Joëlle Aubron, sang pareil

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Dans «la Fille de Deauville», Vanessa Schneider raconte l’Action directe des années 80 à travers le parcours de la jeune terroriste.

Joëlle Aubron quitte le 10 avril 1982 les locaux de la police judiciaire à Paris après son arrestation. (Joel Robine/AFP)
Publié le 02/04/2022 à 1h20

Chacun ses goûts : lorsqu’elle égrène les plaisirs et les jours de son personnage, la terroriste d’Action directe (AD) Joëlle Aubron (1959-2006), Vanessa Schneider ne porte pas de jugement. Issue de la petite bourgeoisie, une origine qui fera couler de l’encre, Aubron à 20 ans apprécie les soirées «à partager des bières et des secrets» et à se répartir le butin des vols. Avant que les choses ne prennent un tour plus sanglant, elle se plaît à jouer au chat et à la souris avec les flics et à se réveiller avec les «coups de bélier des gendarmes dans les portes d’entrée». Au début de sa carrière dans la lutte armée, elle attaque «les agences d’intérim, symboles de l’exploitation du prolétariat».

Nous sommes en 1979, année où les deux parties qui se font face – l’Etat et les «irréductibles» décidés à en finir avec le capitalisme – passent à la vitesse supérieure : chacun veut anéantir l’autre. Signature du Monde et romancière, Vanessa Schneider accompagne de sa plume rapide le tourbillon que devient Action directe au début des années 80. Les énumérations, les phrases courtes, l’absence d’effets de manches reflètent l’humeur du moment : «Fini de rire.»

«Paradoxe du combat»

La Fille de Deauville (ainsi les policiers surnomment-ils Aubron après l’avoir suivie dans la ville balnéaire) n’est ni une biographie romancée ni une tentative d’analyse de ce qui se passe dans la tête de la combattante, conduite à une radicalité autodestructrice. C’est le croquis d’un

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