Un poète, un écrivain renommé de l’âge de Jón Kalman Stefánsson (6 ans en 1969) se trouve au mois d’août 2022 dans un parc, à Londres, non loin de Paul McCartney en train de lire à l’ombre. Notre homme s’apprête à l’aborder, mais renonce dans l’immédiat car il est aussi, en ce moment même, au catéchisme où il a une question à poser : qui est la vraie mère de Jésus, étant donné que la Vierge Marie, de toute évidence, ne peut pas l’être ? Serait-ce Eve ? L’enfant est orphelin depuis le mois d’octobre 1969. La Bible étant censée apporter toutes les réponses, il se plonge dans l’Ancien Testament. Non seulement cette lecture ne lui rend pas la voix de la disparue, mais elle lui révèle l’existence d’un Dieu «assoiffé de sang, colérique et injuste». Le Dieu plein de douceur aurait-il été assassiné ? Satan se ferait-il passer pour «l’Eternel», l’Eternel saoul qui veille sur le père de l’enfant en écoutant Johnny Cash à longueur de soirées ? Entre le narrateur et son père, un silence hostile s’est épaissi de décennie en décennie, à partir du moment où l’improbable a été annoncé : «Je crains que ta mère ne soit morte.» Puis : «Oui, c’est la réalité, je crains que ce ne soit la réalité.» La scène se passe dans la voiture du père, une Trabant blanche au toit rouge qui vient rouler jusqu’à ce parc londonien où Paul McCar
Roman
Jón Kalman Stefánsson, de Bible en Beatles
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Réel et rêve chez l’enfant qu’était le romancier islandais dans «Mon sous-marin jaune».
Jón Kalman Stefánsson à Paris, le 8 janvier 2024. (Joël Saget/AFP)
Publié le 14/01/2024 à 9h54
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