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Judith Schalansky, lever l’encre

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Dans «Le Bleu ne te va pas» de l’autrice allemande, l’imaginaire marin constitue un fil. On y croise une «matelote», mais aussi Claude Cahun, Sergueï Eisenstein...

L'écrivaine Judith Schalansky à Potsdam, le 2 juillet 2024. (Soeren Stache/dpa Picture-Alliance. AFP)
Publié le 15/11/2025 à 4h07

C’est l’histoire d’une petite fille, Jenny, qui voudrait devenir «matelote», sauf que son grand-père la corrige : «matelote» ça n’existe pas, il faut dire «matelot». Et puis, ajoute-t-il, «les filles ne deviennent pas matelot» et ce pour une raison simple, proverbiale : «Les femmes à bord, ça porte malheur». Cela n’empêche pas la petite fille de s’imaginer en mer, en train de chanter avec l’équipage. «Et, sur les photos, elle se tiendrait au milieu, tout devant, au premier rang. Et si quelqu’un demandait ce que faisait une fille sur un bateau, le matelot dirait : “Elle nous porte chance !”», toute de bleu vêtue – couleur qui, selon sa grand-mère plus terre à terre, ne lui «va pas», si bien que Jenny se voit dans le miroir en anorak rouge.

Plus loin dans le Bleu ne te va pas de l’écrivaine allemande Judith Schalansky, une autre personne contemple son reflet : il s’agit de l’artiste surréaliste à l’identité flottante Claude Cahun (1894-1954). Claude Cahun, née Lucy Schwob, que voilà en photo enfant, à son pupitre dans un «costume de garçon» très proche d’un costume de marin. En grandissant, cette dernière sort

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