Compréhensible peut-être, la lassitude envers l’actualité du conflit syrien après plus de dix ans de rebondissements choquants, de malheurs accumulés et de violences inouïes semble compensée récemment par un intérêt grandissant des écrivains pour cette histoire dramatique. Le cumul des images chocs et des événements inédits de la décennie a marqué et inspiré récemment des romanciers débutants, souvent sans lien particulier ni connaissance préalable du terrain ni de ses acteurs. C’est le cas de Julie Ruocco, 28 ans, dont le premier roman, Furies, témoigne d’une étonnante sensibilité pour un pays avec lequel cette passionnée de culture numérique n’avait objectivement aucun lien. A travers l’histoire d’une rencontre entre une archéologue française impliquée dans un recel d’antiquités et un ancien pompier syrien devenu fossoyeur, puis exilé en Turquie, elle fait vivre en images et en visages des moments étonnants de vérité et bouleversants de profondeur sur la cruauté de la guerre syrienne.
Ephémère et monstrueux califat
Dans un tout autre style, Yannick Laude, autre jeune romancier, choisit le suspense, les frissons et la dérision pour sa fiction syrienne. Celle-ci se situe à Raqqa sous l’emprise jihadiste. Avec ses souffrances, sa tyrannie, ses tartufferies, ses satyres, ses immigrés, ses infiltrés, ses femmes en noir, ses hommes en robes, leurs luttes int




