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Entretien

Julou Dublé, «traductaire» de Derek Jarman : «Une langue érudite, avec une richesse lexicale et une forme d’exubérance»

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Omniprésence de la botanique, cohabitation des formes littéraires, non-binarité, rôles des traducteurices... Julou Dublé détaille son rapport très personnel au journal de Derek Jarman, enfin traduit en français.

Derek Jarman. (Howard Sooley)
Publié le 10/12/2025 à 18h59

Presque trente-cinq ans après sa publication en Angleterre, Nature moderne de Derek Jarman paraît dans sa traduction française. Julou Dublé, «traductaire et poète non binaire», évoque la genèse du projet.

Comment ce texte est-il arrivé jusqu’à vous ?

Par une dynamique d’amitié et de partage, en discutant avec Cy Lecerf Maulpoix, rencontré à mon arrivée à Marseille il y a trois ans et demi. De fil en aiguille, il en est venu à me parler de Derek Jarman, dont il était question dans son livre Ecologies déviantes. Il avait envie de traduire Nature moderne, mais ce n’était pas le bon moment pour lui. Il m’a suggéré : «Si tu as envie de te lancer, c’est un texte difficile, mais cela peut te plaire.» A ce stade, je n’avais pas vu les films de Jarman. Ce texte a été ma porte d’entrée. Très vite, c’est venu résonner à un endroit important pour moi et je me suis dit : chiche !

En quoi est-ce un texte «difficile» ?

Ce n’est pas un texte difficile au sens de la réception, mais il pose un certain nombre d’enjeux techniques. D’abord, il comporte énormément de citations émanant de traité

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