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Entretien

Keon West : «Ne pas voir la couleur de peau éloigne du combat antiraciste»

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Dans «Je ne suis pas raciste mais…» le chercheur britannique en psychologie sociale plaide pour l’usage de la science pour comprendre et défaire les discriminations.

Keon West à Londres, le 19 novembre 2025. (Manuel Vazquez/Libération)
Publié le 19/11/2025 à 17h21

C’est un livre à la couverture d’un beau jaune, avec des lettres de tailles très différentes. Le titre est accrocheur : Je ne suis pas raciste mais… et il ne déparerait pas dans un rayon de librairie voué au développement personnel. Mais ce n’est qu’une apparence : son contenu, basé sur la science, est pointu et stimulant, car il permet de voir plus clair dans ce mur sombre et nuageux qu’est le racisme. Son auteur, Keon West, professeur de psychologie sociale à l’université de Londres, né en Jamaïque, espère que sa lecture pourra aider les gens à se remettre en question. Pour cela il fournit, au-delà de sa démonstration en 350 pages, de nombreuses références à des études menées principalement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, notamment sur les effets de la discrimination dans la vie quotidienne : emploi, santé, éducation, etc. S’il traite surtout le racisme contre les noirs, il évoque aussi le rejet de l’autre entre minorités, l’antisémitisme, le sentiment antimusulman en France. Et dans les pays métissés comme la Jamaïque, il souligne les préjugés à l’intérieur même des familles où ceux qui ont la peau plus claire sont plus valorisés que les autres.

Vous dites qu’on n’a pas besoin d’opinions sur le racisme, mais de faits, de choses prouvées scientifiquement.

Il y a des choses qui sont aussi vraies en psychologie sociale que, par exemple, en physique. Vous pouvez avoir comme opinion que les pierres flottent sur l’eau, et je peux penser de mon côté qu’elles coulen

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