Ouverture funèbre et consécration. Kolkhoze débute dans la cour d’honneur des Invalides, par l’hommage national à Hélène Carrère d’Encausse, le 3 octobre 2023. Des huiles, des gardes républicains, du tambour, des drapeaux. Macron fait un éloge, avec un bon mot pour la fin. La secrétaire perpétuelle de l’Académie française pressait le mouvement pour achever l’édition en cours du fameux dictionnaire. Un mois avant sa mort, à 94 ans, la séance en était à zygomatique, dit le Président, dernier mot de la langue française. «Après zygomatique, on peut mourir en paix.» Bien plus loin dans le livre, le fils corrige, les immortels en étaient à zoo, 62 mots avant la fin, sa mère était chagrinée de ne pas arriver à boucler avant sa mort. Cette scène solennelle devant le catafalque d’une reine républicaine d’ascendance aristocratique russe donne la tonalité de la suite, révérence et distance, vérité et dérision. C’est aussi la face A d’un double hommage littéraire, la face B – et la fin — sera pour le père, le plus discret et humble Louis Carrère d’Encausse, qui meurt cinq
Roman
«Kolkhoze» d’Emmanuel Carrère : voyage virtuose entre ses lignées
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Avec ce nouveau livre, moins abrupt et plus tendre qu’«Un roman russe», l’écrivain, fils de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse morte en 2023, poursuit son exploration généalogique.
Emmanuel Carrère, chez lui, à Paris, le 3 septembre. (Julien Mignot/Libération)
Publié le 05/09/2025 à 11h23
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