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Kristín Ómarsdóttir, quant-à-soi et rennes

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Une ferme en temps de guerre où vivent un militaire qui adore les poules et une enfant rescapée de 11 ans, dans le deuxième roman traduit de l’autrice islandaise, «les Enfants de la Forêt aux rennes».

Jusqu’à présent, seul «T’es pas la seule à être morte» avait été traduit, en 2003. (Sigurjon Ragnar)
Publié le 30/01/2026 à 16h52

Dans les tréfonds d’Internet, on peut voir la romancière Kristín Ómarsdóttir, née en 1962, mâcher du chewing-gum en gros plan pendant quatre minutes. La personnalité qu’expose ce «Cinématon» de Gérard Courant, daté de 1988, paraît d’une originalité à la fois radicale et calme, ce qu’on pourrait dire aussi des Enfants de la Forêt aux rennes que vient de traduire Jean-Christophe Salaün. «Trois T-shirts blancs et trois pantalons verts se dirigent vers une ferme», on entend une vache, il y a des poules dans la cour. Quatre enfants, une vieille dame et un jeune homme sortent de la maison les mains sur la nuque, une femme apporte un plateau. Ils sont tous abattus par les soldats, sauf la plus grande des enfants qui file se cacher. Après cette introduction saisissante de paisible brutalité, ne vont bientôt rester qu’un militaire qui adore les poules, Rafael, et la rescapée de 11 ans, Billie.

C’est la guerre. Billie et Rafael ont des visiteurs mais ils sont le plus souvent seuls. Rafael est un maniaque de l’ordre. Le point de vue est celui de Billie, qui joue encore à la poupée, et signale quand même qu’elle n’est plus une petite fille. Sans illusions quant aux adultes, elle reste sur son quant-à-soi, pense à ce qu’elle racontera plus tard, et se surveille. «Grâce aux films qu’elle avait vus, elle avait la sensation de maîtriser à la perfection la gestuelle d’une enfant de la campagne, un mélange entre une gamine des rues et une princesse oisive pourrie gâtée.»

Pantin manipulé

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