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La Grande Guerre patriotique hors des clichés rebattus

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Antisémitisme dans les rangs de l’Armée rouge, difficile retour des combattants dans la mère-patrie, resoviétisation brutale des Etats baltes… Alexandre Sumpf rétablit dans «les Soviétiques en guerre» une réalité peu connue et encore moins flatteuse pour les Russes.

Des artilleurs soviétiques se préparent à tirer sur une position finlandaise dans la péninsule de Hanko pendant la guerre finno-russe de 1939-1940. (TASS. AFP)
Publié le 04/12/2025 à 6h40

Si les historiens militaires ont redécouvert le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale depuis une quarantaine d’années, la société soviétique reste à bien des égards une terre inconnue, d’autant que les mensonges de la propagande russe n’ont guère aidé à dissiper le brouillard. C’est dire que la copieuse synthèse qu’Alexandre Sumpf nous propose tombe à point nommé !

En rectifiant d’abord bien des idées reçues qui font souvent office de vérité d’Evangile. La Grande Guerre patriotique, les manuels le martèlent, aurait débuté le 22 juin 1941 par l’attaque traîtreusement lancée par la Wehrmacht. C’est oublier que l’Armée rouge s’était engagée dès septembre 1939 dans la campagne de Pologne avant de frapper la Finlande en novembre suivant. De même, la légende aime à célébrer la composition multiethnique des troupes soviétiques fraternellement unies contre l’envahisseur. A cette différence près que Staline a constamment privilégié les Russes et, dans une moindre mesure, les Ukrainiens et les Biélorusses. Tatars, Kirghizes et autre Turkmènes étaient plus appelés à servir dans des bataillons de travail qu’à porter les armes, les Juifs étant par ailleurs en butte à un violent antisémitisme.

Un peuple traité en suspect

La violence des combats comme la barbarie de l’occupation allemande relèvent de l’évidence. Les souffrances endurées par les habitants de Leningrad ou les villages soumis à la loi de la Wehrmacht défient l’imagination. Qu’il suffise ici de rappeler les 10 millions de viols commis par les g

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