En 1967, Georges Perec est invité à écrire une fiction radiophonique (Hörspiel) pour la radio sarroise. C’est Die Maschine, «La Machine», restée jusqu’à ce jour inédite en traduction française. L’écrivain va travailler avec Eugen Helmlé, son génial traducteur qui réussira même à produire une version allemande de la Disparition. Perec s’oriente immédiatement sur une pièce dont le protagoniste est un ordinateur parlant. 1968 est l’année de 2001, l’Odyssée de l’espace de Kubrick, mais il faut encore l’équivalent d’un terrain de basketball pour déployer les unités à cartes perforées et les périphériques de calculateurs dont la puissance est ridicule face au plus modeste des smartphones d’aujourd’hui. Les sciences cognitives et l’intelligence artificielle sont cependant depuis longtemps au centre de la recherche et le programme «Eliza» de Joseph Weizenbaum offre alors comme une préfiguration, assez paléolithique certes, des futurs chatbots.
Formidable feu d’artifice poétique
Cette même année où Perec entreprend l’écriture de la Machine




