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Roman

«La Vie privée d’oubli» de Gisèle Pineau, lignage libre

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Une ancêtre esclave à la Guadeloupe et sa multiple descendance retrouvent leur histoire.

Statue de Jean et Christian Moisa célébrant l'abolition de l'esclavage, Guadeloupe, Basse-Terre. (Aurélie Brusini /Hemis. AFP)
Publié le 26/01/2024 à 16h46

Les recherches généalogiques grâce à l’ADN ont ouvert un espace nouveau à ceux qui comptent des ancêtres victimes de la traite négrière. Elles permettent de dévoiler un peu leurs origines. Auparavant, il fallait se contenter au mieux de quelques lignes manuscrites dans des livres de comptes du XVIIIe ou XIXe siècles où figuraient comme du bétail les noirs déportés. Dans la Vie privée d’oubli, des recherches sur My Heritage créent ainsi plusieurs rebondissements. Mais la fiction, à même de combler le vide mémoriel de l’esclavage, y apparaît bien plus forte que la science. Gisèle Pineau raconte deux siècles d’errance ici-bas d’une ancêtre-esprit née en 1812, en la faisant parler par la bouche d’une de ses descendantes, une jeune Guadeloupéenne. Et le procédé marche avec une grande justesse, la plainte de l’esclave Agontimé traversant les décennies, après avoir essaimé des traces traumatiques après elle.

Le livre commence sur un registre plus sociologique qu’historique. Deux copines, Maggy et Yaëlle, rêvent. Filles de la class

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