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Histoire

«L’Adieu au journal» : hommage aux feuilles mortes

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Les journaux ont peu à peu perdu la place centrale acquise au XIXe siècle et sont désormais abandonnés au profit du numérique, observe Guillaume Pinson. Un bouleversement qui modifie notre rapport à la temporalité.

Deux jeunes vendeuses de journaux en 1910 à Wilmington (Delaware). (Photo12)
Publié le 21/01/2026 à 18h32

Guillaume Pinson est né en 1973 à Montréal. Enfant, il lisait chez sa grand-mère des magazines de BD (Mickey, Spirou…), auxquels son oncle avait été abonné dans sa jeunesse. Adolescent, il a été, le temps d’une saison, livreur du quotidien la Presse dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal. Adulte, il est devenu un des grands spécialistes de l’histoire culturelle et littéraire de la presse francophone – que vous auriez bien tort de limiter aux journaux des pays francophones, Québec compris. Avez-vous entendu parler du Glaneur moldo-valaque, fondé en 1841 ? du Journal de Smyrne ? du Courrier australien ? de l’Abeille de La Nouvelle-Orléans ? de l’Avenir du Tonkin ? du Messager de Tahiti ? du Journal de Shanghai (ça, oui, peut-être, si vous avez bien lu la page 60 du Lotus Bleu d’Hergé) ? Guillaume Pinson, lui, a passé sa vie professionnelle à étudier ces journaux publiés en français un peu partout dans le monde.

Aujourd’hui, il est un peu mélancolique : «Il fut un temps où tout le monde avait un journal sous le bras, où nos villes et nos vies étaient rythmées par la publication de journaux et de magazines, qui s’étalaient à tous les coins de rue. Où qu’on se trouvait dans l’espace public, le journal était là : mis en vente, manipulé, ouvert, partagé, cité, imaginé, adoré, détesté, déchiré, jeté, et cela recommençait de plus belle le lendemain. Le journal meublait les conversations, alimentait t

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