Cet article est tiré du Libé spécial auteur·es jeunesse. Pour la septième année, Libération se met aux couleurs et textes de la jeunesse pour le Salon du livre de Montreuil qui ouvre ses portes le 26 novembre. Retrouvez tous les articles ici.
En 1993, avec Jojo la mache d’Olivier Douzou, un renouveau joyeux secouait le monde de l’album. De jeunes auteur·es embarquaient avec lui dans l’aventure des éditions du Rouergue. Pour d’autres dont je suis, les premiers albums du Rouergue furent une révélation, celle d’une littérature singulière, ludique, exigeante, inventive, fuyant les réponses normatives pour ouvrir des espaces émotionnels et sensibles.
Il y eut un avant et un après les albums du Rouergue. Toute l’édition jeunesse européenne en fit profit. De 1993 à aujourd’hui, ce labour s’est poursuivi sans relâche. Accumulant les prix nationaux et internationaux, participant plus que sa part à l’image d’excellence dont bénéficie la création littéraire jeunesse française dans le monde.
«L’époque n’est plus aux projets ambitieux»
En juin dernier, la direction de cette petite maison du groupe Actes Sud a mis un point final à cette histoire. D’un mail lapidaire, douze lignes, s’ouvrant sur un aveu sidérant : «Il semblerait que l’époque ne soit plus aux projets ambitieux qui ont fait la renommée du Rouergue.» De fait, l’équipe éditoriale historique a




