L’appartement est vide ou presque, comme une page blanche. Un espace clair, lumineux, avec une vue dégagée sur la ville et les nuages, où Mathieu Simonet, 53 ans, accueille ce matin-là avec quelques gobelets et un sachet de madeleines. «Je n’ai pas encore de cuisine et rien pour faire un café…» a-t-il prévenu. L’écrivain quitte Paris pour Montreuil, le déménagement est en cours. L’immeuble flambant neuf attend d’être rempli par ses résidents et c’est une des choses qui l’a séduit – le fait que «tout le monde va emménager ensemble». Cela lui évoque «une colonie de vacances», même s’il sait qu’il «fantasme» peut-être l’idée, avec à l’esprit le HLM de son enfance en Bourgogne, dans l’ambiance hippie des années 70 «où toutes les portes étaient ouvertes, où tout le monde se connaissait». Intime et collectif se rejoignaient alors joyeusement, et sans doute pourrait-on voir dans ce souvenir l’image d’un endroit sans cesse recherché dans ses chemins d’écriture.
Depuis 2010 et les Carnets blancs (Seuil), Mathieu Simonet publie des «romans autobiographiques». Le Grain de beauté




