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Interview

«Le roman noir retranscrit mieux que jamais la complexité du monde»

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Dans son dernier essai, la chercheuse en littérature Natacha Levet revient sur l’évolution de ce genre en France et sa pertinence à se saisir du réel.

«Le roman noir a cette force qui fait qu’on peut apprendre beaucoup en étant soi-même impliqué émotionnellement», selon la chercheuse Natacha Levet. (Thomas Allen)
Publié le 29/05/2024 à 11h44

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Maître de conférences en littérature française à l’université de Limoges, spécialisée dans les fictions criminelles, Natacha Levet vient de publier un livre passionnant, le Roman noir : une histoire française, dans lequel elle refuse de voir systématiquement ce genre littéraire placé sous tutelle américaine.

Vous établissez une filiation intéressante entre la littérature noire et la littérature prolétarienne en France.

La littérature prolétarienne se met en place dans les années 30, elle veut être une littérature écrite par le peuple pour le peuple en parlant du peuple. Par exemple, l’Hôtel du Nord d’Eugène Dabit est parfois placé dans cette catégorie. Mais les spécialistes des romans prolétariens constatent que la majeure partie de leurs auteurs ne sont pas des gens du peuple, ils viennent des petites classes moyennes, ils ont peu introduit l’oralité, c’est plutôt du beau langage. Alors que les auteurs de romans noirs y sont allés carrément en inventant un argot. Jean Meckert, par exe

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