Menu
Libération
Polar

«Le Sang des collines» : quand paysans et bêtes désespèrent

Réservé aux abonnés

Le britannique Scott Preston livre un premier roman noir magistral sur la dureté de la vie de berger et d’éleveur.

(Alex Livesey - Danehouse/Getty Images)
Par
Christine Ferniot
Publié le 22/11/2025 à 11h21

Retrouvez sur cette page toute l’actualité du polar et les livres qui ont tapé dans l’œil de Libé. Et abonnez-vous à la newsletter Libé Polar en cliquant ici.

La boue colle aux chaussures, à la peau, dans ces collines de Cumbrie, au nord-ouest de l’Angleterre. Climat pourri, paysages aigus, éleveurs de moutons taiseux, la vie est sauvage comme les hommes qui continuent d’arpenter les chemins sous le vent. Steve est parti faire le chauffeur routier mais il ne peut pas s’empêcher de revenir à la ferme pour donner un coup de main à son père qui a pris un coup de vieux. Ici, on est berger de père en fils et ça pourrait continuer longtemps si une épidémie de fièvre aphteuse ne venait frapper le pays. Tout devient dantesque dans ce coin perdu. On tue les bêtes pour les brûler sur des bûchers, le spectacle est terrible, la violence infinie, comme le désespoir des paysans abattant les troupeaux infectés. On a continué à brûler les carcasses pendant des jours, jusque tard dans la nuit, quand on ne voyait plus rien à part ce qu’on faisait cramer, jusqu’à ce que les perches dont on se servait pour pousser les animaux sur le bûcher soient dégueulasses au-delà de tout espoir, nos mains empestant le butane et nos corps tout entiers imprégnés d’une odeur de feu de

Dans la même rubrique