Aucun doute : tout est réel. Comment pourrait-il en être autrement d’un livre composé exclusivement de photos ? Dès l’ouverture, le voyage démarre. Nous voici dans les rues de Kyoto, ouverture magistrale sur un marché aux puces, un petit homme au chapeau melon perdu dans l’immensité d’une entrée en bois. Monsieur Isekai se promène, embarquant le lecteur à sa suite, jusqu’à sa boutique d’antiquités. L’impression d’y être. Pourtant, l’imaginaire et le surnaturel sont partout.
Le Vaillant Soldat de plomb au pays des yōkai nous plonge dans l’univers des yōkai, ces créatures surnaturelles ancrées depuis des lustres dans les légendes japonaises, des esprits habituellement cantonnés aux lieux sacrés, mais dont certains se cachent parmi les humains… Au marché aux puces, monsieur Isekai tombe sur un petit soldat de plomb perdu dans un grand carton sans âme. Hors de question de le laisser là : il l’embarque. Le jouet vient étoffer l’ambiance chargée de son magasin d’antiquités, au milieu des maneki-neko, sumo et autres poupées kokeshi. Sur les étagères, personne ne moufte.
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Mais une fois monsieur Isekai parti, la porte fermée à la clé, l‘ambiance bascule. La vie s’invite. Les photos se font plus inquiétantes. Des regards menaçants apparaissent dans l’obscurité. Pas serein, le petit soldat de plomb reste de marbre. Mais trop tard : c’est à lui que les yōkai en veulent. A lui, le dernier venu, l’estropié. La jolie petite demoiselle en kimono pour qui il a eu un coup de foudre tente