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«L’Epris littéraire» de Julien Leschiera : tous des Marcel ?

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Un faux Proust, sa bonne maltraitée et un narrateur qui n’arrive pas à écrire : le deuxième roman de l’auteur se révèle peu à peu un thriller d’appartement.

Marcel Proust sur son lit de mort, en 1922. (Alamy/ABACA)
Publié le 14/11/2025 à 15h42

C’est qui, ou plutôt c’est quoi, «le type le plus proustien du monde» ? Comme il vit «à deux rues d’ici», en plein Paris, on va vite le faire rencontrer au narrateur de l’Epris littéraire, deuxième roman de Julien Leschiera, après Mes vies parallèles (le Dilettante, 2023). Mais Proust, ce n’est pas seulement un mec moustachu qui a «une bonne» qu’il appelle Céleste, vit au fond de son lit entouré de médicaments, «emmitouflé sous d’épaisses couvertures», dans un grand appartement aux volets clos, aux «rideaux tirés» et à la chaleur étouffante. Le «proustien» de Julien Leschiera est en outre recouvert d’«une mer de feuillets» et de «bandelettes de papier» faisant penser à des corrections et aux fameuses «paperolles proustiennes». La graphie est telle que le tout apparaît cependant illisible. Or Proust, le vrai, c’est un écrivain, c’est quand même pour ça qu’il est devenu célèbre et suscite tant de fétichisme. Mais ce Lambert qui ne quitte pas son lit, écrit-il seulement réellement ? Et le narrateur, n’est-ce pas à lui que dès la deuxième page un éditeur dit «C’est dommage que vous n’écriviez plus», ce qu’il reçoit comme «u

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