En 1942, le IIIe Reich entreprit sans broncher la destruction des Juifs d’Europe. Mais en 2015, la République fédérale accueillit près d’un million de réfugiés syriens. En quelque soixante années, l’Allemagne a donc connu une révolution copernicienne qui invite à s’interroger : comment les Allemands ont-ils réussi – ou non – à «sortir des ténèbres». Une interrogation à laquelle Frank Trentmann, un historien germano-britannique, s’efforce de répondre.
En revenant d’abord sur la gestion du passé nazi par les autorités issues de la défaite. Une gestion pour le moins ambivalente. Certes, les Allemands entamèrent parfois un examen de conscience après le double choc de Stalingrad et du bombardement de Hambourg, alors considérés comme de justes châtiments au regard de leur complicité dans la Shoah. Mais ils manifestèrent après 1945 peu d’empathie à l’égard des victimes. Les Eglises évitèrent de s’engager dans le débat sur la culpabilité allemande tandis que les pouvoirs, à l’Est comme à l’Ouest, s’abstinrent de pourchasser les crimin




