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«Les Années souterraines» de Hugo Lindenberg : objectif père

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Dans ce roman qui fait partie d’une trilogie, un enfant observe sa vie d’«invité» du foyer paternel.

Hugo Lindenberg à la Villa Medicis. (Daniele Molajoli)
Publié le 09/01/2026 à 12h07

Certes, beaucoup de romans et de récits autobiographiques sur les pères et sur les mères ont été publiés très récemment. Certains étaient meilleurs que d’autres car une grâce littéraire les portait. Les Années souterraines d’Hugo Lindenberg appartient à cette catégorie, celle des meilleurs. Il ne s’agit pas d’un récit mais d’un roman, merveilleusement écrit. Intense, parfois drôle, le style de l’auteur enveloppe des faits graves, tristes, pathétiques, avec une élégance qui reflète une distance par rapport aux situations, de la vaillance, et une bienveillance pour le fauteur de troubles : le père. Le narrateur ne se peint pas en victime mais en observateur. Il est aussi celui qui restitue les sensations qui démarrent après les coups, au sens figuré, portés. Le lecteur se hérisse, ressent un pincement au cœur en découvrant les fautes du père tandis que le narrateur semble dire : ne le jugez pas. Cet homme était incapable de ressentir un lien entre son fils et lui. Il semble qu’il n’existait pas de sentiment d’appartenance entre l’enfant et lui, pas de reconnaissance ni de volonté de transmission de quoi que ce soit. Peut-être n’avait-il rien de bon à transmettre ? Davantage que l’absence d’amour, ce texte met en scène le refus, de la part du parent, de l’affiliation. C’est une chose qui arrive aussi chez les mères.

Né en 1978, Hugo Lindenberg, dont les Années souterraines est le troisième roman, avait reçu le prix du Livre Inter en 2021 pour sa première fic

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